Avis LIVRE : Juliette Adam – TOUT VA ME MANQUER

Me voici donc prêt à vous narrer mon retour sur l’une de mes dernières expériences de lecture, en réponse au défi proposé par @lanoirceurdelencre sur Instagram (suivez-la elle est TOP), et ce après ne plus avoir écrit aucune critique depuis près de 4 ans. Un beau challenge donc, et quitte à me lancer dans le grand bain, j’ai décidé de choisir une œuvre que vous pourrez découvrir en août prochain chez Fayard pour la rentrée littéraire.

Intitulé « Tout va me manquer », l’ouvrage de Juliette Adam, son tout premier roman, conte la rencontre de deux adolescents, nos principaux protagonistes, au cours d’un carnaval annuel. Un premier échange assez dur puisque Chloé accueille Étienne avec une gifle magistrale, pensant alors avoir affaire à l’un de ses ex. Un malentendu justifié ipso facto par leurs déguisements portés, qui va par la suite amener à une succession de nombreux face-à-face fortuits entre eux.

Juliette Adam - Tout va me Manquer

Par ce biais, le livre s’attarde sur notre duo, dont la vie et le parcours auront exacerbé à l’extrême leurs sentiments et leurs émotions, aux traits diamétralement opposés. Et pourtant, le tandem avance autour de mêmes thèmes : l’identité et la projection de notre personnalité qu’on laisse transparaître au Monde, avec comme moteur principal la Jeunesse et ses joies (et dérives). Chloé s’apparente à une bombe à retardement, imprévisible, au caractère bien trempé, mais qui a peur de se questionner sur ce qu’elle est et tente à tout prix d’y échapper à la moindre occasion. Étienne, quant à lui, est maladroit, le timide par excellence, qui craint de montrer ce qu’il ressent, et alors qu’il en reste conscient entreprend de changer, mais sans grande conviction.

Doubles aspects à facettes binaires d’une même jeunesse, ces Persona/Rôles font preuve d’une certaine pureté. Ils s’accaparent la vie comme elle vient, et cela constitue d’une sincérité assez remarquable pour ce premier récit, comme si l’auteure s’y mettait émotionnellement à nu. Ce qui en lisant ses premières interventions pour les éditions Fayard pourrait s’avérer, puisque les personnages symbolisent chacun une part de Juliette Adam selon elle. Une dose d’innocence, qui pourtant rentre en confrontation directe avec le passif de l’un et l’autre, cette impression que ces gosses ont déjà, à leur âge, tout vécu. Et qu’ils pourraient survivre encore à pire si alors ils n’étaient pas impliqués émotionnellement.

Car cela s’inscrit comme le plus fascinant en fin de compte dans cette œuvre. Cette brutalité qui rythme leurs quotidiens, mais dictée par une certaine légèreté de ton et de style à quelques moments, dans le but de n’en ressortir que davantage l’aspect cruel de certaines situations/décisions. Le terme « Rythme » n’est par ailleurs pas choisi au hasard puisque l’ouvrage s’offre aussi une harmonie liée à un tempo. L’auteure crée sa propre composition devant nos yeux, et y cadence les événements comme une partition à part entière, avec son début et sa fin filés à l’orchestre joué par ses protagonistes. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que nous y retrouvons une forte inspiration musicale, des plus évidentes (le prologue par exemple), aux plus obscures (comme le titre du livre).

Le roman s’aventure de cette manière sur ces dualités. Juliette Adam s’amuse sur l’indécision et la contradiction, mais profite ici du format littéraire pour le développer à fond. Ajoutez-y votre imaginaire, et le film qui en découlera ne s’en trouvera que plus parlant, dépeignant ainsi une brutale réalité, et dont l’amour et la haine ne représentent que le reflet d’un état d’esprit qui vacillera à chaque instant. Une véritable effusion instable d’émotions éphémères égales et contraires, à l’instar de l’adolescence, que l’auteure résume parfaitement en ces quelques mots : « Ce Roman, c’est aussi la rencontre du gai et du morbide, un couple d’ambiances, de scènes, de répliques qui s’entrechoquent, se cognent et se séduise »

Un mariage habilement mené jusqu’à son dénouement, attachant et éprouvant, et qui inaugure une très bonne lancée pour la suite.

Christine : la Queen du Top !

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Le second album de « Christine and The Queens », ou plutôt Chris, est sorti depuis la semaine dernière dans les bacs et, on le sait depuis aujourd’hui, est numéro Un du Top Albums.

Un succès prévisible tant la promotion a été intense ces dernières semaines : image renouvelée et « masculinisée » depuis le printemps dernier, clips, interviews en TV, radio et presse écrite. Mais que vaut le nouvel opus de l’artiste nantaise ?

On va être honnête : on est ni déçu ni surpris par « Chris ». On retrouve tous les ingrédients qui nous avaient plu sur le premier album. Tout d’abord, il y a ce son si identifiable qui fait de Christine and The Queens, une artiste singulière dans notre PMF (Paysage Musical Français). Il y a cette image si bien maitrisée et si bien contrôlée (voir son paysage sur le plateau de « Quotidien » où sa prestation est remarquablement travaillée). Et il y a ces concerts qui sont de vraies performances artistiques.

Que retenir de cette seconde galette ? Les premiers singles : « Damn, dis moi », « La marcheuse » (la plus belle chanson de l’album dont le sujet est la violence que peut subir son personnage), mais aussi les titres « Comme si on s’aimait », « 5 Dols », et « Les yeux mouillés ». On reste moins convaincu par « Follarse » ou « Goya ! Soda » où Chris fait du Christine And The Queens jusqu’à se caricaturer.

Avec Héloïse Letissier (oui, c’est son vrai nom), on retrouve le savoir-faire des « performers » d’outre-Atlantique, mais avec une artiste bien de chez nous. D’ailleurs, on sent bien que cet album n’est pas destiné que pour nos jolies contrées puisqu’il existe, également, une version anglo-saxonne. L’objectif étant d’asseoir sa popularité grandissante aux États-Unis comme en témoigne son passage sur le plateau du célèbre « The Tonight Show with Jimmy Fallon ». N’oublions pas que Chris, qui est au tout début de sa carrière, est déjà montée sur scène avec Madonna et que Paul McCartney vient de déclarer qu’elle « est sa chanteuse préférée du moment ». Excusez du peu…

Souhaitons-lui de réussir là où de nombreux artistes francophones se sont cassés les dents : conquérir les USA tout en gardant les pieds en France.

Retrouvez ci-dessous la performance de Christine And The Queens sur le plateau de Jimmy Fallon :

Mickaël